Le web, tant de textes écrits sur ce sujet, tant de textes à écrire, mais comment devrait-il évoluer ? Non pas, comment évolue-t-il ? Mais, comment faudrait-il le voir évoluer ?
Allons-nous vers le préfabriqué ou la maison en brique bien douillette ?
Mais le fait-on bien ? À chaque fois que l’on utilise un service, on télécharge constamment la même interface encore et encore1 même si il n’y a eu aucun changement dans cette interface. Il parait que ce système de services distants est écologique. Je ne vois pas en quoi utiliser des ressources sans raisons valables est écologique. En tout cas, c’est absurde. Et encore, il faut que le service marche dans son navigateur.
On retrouve les mêmes problèmes avec la mise en page des documents. Heureusement, certains « illuminés2 » ont mis en avant une mise en page venant d’un fichier séparé du contenu ce qui ne demande qu’un téléchargement pour toutes les pages du site. Et surtout un standard ouvert permettant à quiconque d’implémenter le code permettant de mettre en page le document dans son navigateur.
Le problème est qu’aujourd’hui, ayant presque gagné la bataille des formats identiques mais pas identiques du html, on retrouve de nouveau cette problématique par le mélange du contenu, du service et de la mise en page dans un espèce de nœud gordien qui gène tous les navigateurs. Et qui ne permet pas au final de profiter pleinement du document, du service et de la mise en page. Ça marchotte, il faut que ça marche.
Un autre problème préoccupant se trouve dans l’avenir de nos données personnelles et publiques. Ce problème demanderait un billet à lui seul. Je vais la faire rapide. Pour ce qui est de l’avenir de nos données personnelles, il faut faire en sorte que l’on ne puisse envoyer dans une machine que l’on ne contrôle pas que ce qui est nécessaire. Pour les données publiques, le système des youtube-like où des entreprises se font de l’argent sur votre contenu est bien gentil. Mais, il vaut mieux que ce soit vous qui vous fassiez de l’argent sur votre contenu. Hostez-vous vous-même3 !
Comment résoudre ces problèmes ? Simplement en cantonnant les formats à ce pourquoi ils sont fait. Pour les documents textuels avec deux trois images, (x)html est un très bon format de données car il a été créé pour ça. Il reste des problèmes avec les fichiers audios et vidéos, mais j’y viens. Pour la mise en page du document, après quelques améliorations et rajouts, notamment au niveau de la mise en page colonne, css sera vraiment très bien.
Reste les services, dégagez moi ça du navigateur, faîtes moi de vraies belles interfaces sur des protocoles solides dédiés aux services. Ce n’est pas au navigateur de devenir un système d’exploitation, c’est au système d’exploitation et aux programmes tournant sur ce système de cantoner le navigateur à la lecture de fichiers html. Un seul système d’exploitation lancé suffit. Pour ça il faut mettre en place des protocoles, les standardiser, les rendre ouverts pour améliorer leur propagation et les rendre accessibles à tous. Le web n’a pas été conçu pour le commerce électronique et les services distants à la mode. Il faut un protocole ouvert pour ce commerce électronique avec accès au service depuis le programme que l’on choisit dédié au commerce électronique. C’est ainsi pour tous les services web.
Quelques problèmes perdurent avec les vidéos et l’audio, la meilleure solution est à mon avis d’utiliser le programme fait pour lire ces vidéos ou ces fichiers audio plutôt que le lecteur flash qui bouffe plus de ressources sur une vidéo en 420p que mplayer avec une vidéo en 1080p. Bien sûr, il faut écrire le bout de code suivant une règle commune permettant aux lecteurs et aux navigateurs de se connaître4. On retrouve aussi les problèmes de formats, comme dit précédemment un format ouvert est plus facilement utilisable pour la personne qui code le lecteur audio/vidéo. Donc vorbis/theora ou Dirac5/matroska est un bon choix. Coté format vidéo, il ne faudra pas oublier la résolution de la vidéo, aujourd’hui on suit les standards de la télévision6, mais demain ? Pourquoi pas une vidéo en hauteur plutôt qu’en largeur ?
Il faut aussi défendre le réseau internet qui permet de transporter toutes ces données, web ou non. Aujourd’hui, le numérique est non pérenne pour des raisons de support. En centralisant toutes les données, on prépare une nouvelle bibliothèque d’Alexandrie. En utilisant un réseau décentré et en copiant les ressources, c’est à dire en prônant un vrai réseau internet et les outils permettant la copie sur plusieurs ordinateurs, on aura une bibliothèque qui brulera tandis que ses clones seront toujours en état et consultables.
La décentralisation n’existe que pour les gros FAIs, on pourrait avoir un vrai réseau maillé internet en ville par wifi. Et même sans ça, si au lieu de tout passer par Paris on avait un réseau maillé entre les grandes et moyennes villes, le réseau serait déjà beaucoup plus solide.
Et bien sûr, l’arrivée d’un support de stockage numérique durable ne serait vraiment pas du luxe.
Aujourd’hui, on nous vend du préfabriqué numérique, il va falloir réunir les briques et les architectes qui nous feront une maison douillette si l’on veut que les services sur le réseau internet soient vraiment utilisables.
Il va aussi falloir demander le permis de construire. Et ça, ça passe par ce truc poisseux que l’on appelle politique.
1 Ô navigateur web, Ô Sisyphe des temps modernes.
2 Vous savez les gens du w3c qui veulent un web fonctionnant partout.
3 En plus avec l’arrivée de la fibre optique, vous pourrez faire du streaming vidéo. Bien sûr si les FAI offrent ce que permet la fibre optique soit au moins du 100 Mega symétrique. Ils préfèreront que l’on paye une autre connexion sur une machine qu’on leur loue.
4 Voir la balise vidéo dans html5.
5 Dirac est un format développé par la BBC utilisant un algorithme de compression par ondelette. Il est encore très peu utilisé.
6 Aujourd’hui 1080p, 1080i, 720p, 720i, 420p dans les formats mpeg2 et mpeg4.
2009 May 17
internet · réflexion
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