Du jeu vidéo au jouet vidéo

Terrible histoire que celle du jeu vidéo. Un grand bon technique permettant toujours plus mais un grand retour en arrière dans des jeux ne proposant pas plus d’interactions si ce n’est moins. On est passé du jeu vidéo au jouet vidéo en passant par le film interactif.

Ce qui définirait un jeu vidéo est son interactivité au service du jeu pour le jeu et plus récemment dans une forme plus noble que l’on peut appeler de l’art un message ou une histoire. Aujourd’hui un jeu vidéo fait plutôt partie de la définition artistique.

On trouve nombre d’aventures avec des mondes ouverts et/ou un grand panel d’interactions possibles et ce en suivant toujours l’histoire et les messages des créateurs du jeu. Le tout en nous demandant de réfléchir. Même un jeu de stratégie comme un civilisation fait passer des messages en poussant le joueur à se questionner sur la justesse de ses choix et en les mettant en perspective avec la réalité. Par exemple, une armée hostile se masse à tes frontières et pour sauver ta position tu dois augmenter ta production que tu ne peux augmenter qu’en déclarant légal l’esclavage. Et là tu te dis, dans la réalité, tu serais un sacré salopard à l’ambition démesurée pour déclarer l’esclavage légal pour sauver ton cul. Bien sûr, la complexité du développement de tels jeux est énorme. Il faut faire un monde cohérent, notamment quand on impose à certains moments une contrainte limitant les possibilités d’interactions.

Ensuite on trouve le film interactif. On trouve un couloir, parfois deux qui reviennent au même point. On ne choisit pas ce que l’on fait. Notre activité est de même nature que celle du chien de Pavlov entendant sa cloche. Par contre, le film interactif est plus facile à produire son interactivité très pauvre aidant. De plus, la grammaire cinématographique est déjà connue. Et ça se vend bien, il suffit de voir un Call of Duty. Certains jeux sont dans une limite floue entre jeu vidéo et film interactif. D’ailleurs le « contrôle » et la gestion de celui-ci rajoute un coté plus immergeant qu’un film classique.

Puis vient le jouet vidéo dont l’emblème actuel est la Wii où la WiiMote devient un hochet pour grand. Alors on se rassure en se disant qu’il est fort cher et que l’on peut multiplier les usages mais on reste dans le hochet que l’on utilise dans les mini-jeux. Dommage on peut aussi trouver des jeux demandant un peu de réflexion et possédant une histoire sur Wii dont un où l’on manie une cloche d’ailleurs.

Tous ces genres ont le droit d’exister mais ne les mettons pas dans le même panier. Un jeu vidéo te fait réfléchir et joue sur toi par ce biais. Un film interactif te montre ce qu’il veut exactement comme il veut, on est spectateur, quasi. D’ailleurs les producteurs de films interactifs devraient avoir les couilles d’en faire des versions documentaires par exemple sur le problème des enfants soldats. Bien fait, les gens seraient fortement sensibilisés au problème. Et puis le jouet vidéo pour les gens n’assumant pas leur vieillissement, on est tous de grands enfants.

Date 2009 September 13
Etiquettes arts · jeu vidéo · réflexion
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Auteur jean-mi
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